|
En bref : • Le site BazarChic a été racheté pour 1€ symbolique par un fonds hongkongais après des pertes financières importantes, entraînant la fermeture du siège de Clichy. • Une quarantaine d'anciens salariés licenciés fin octobre 2025 se retrouvent sans indemnités chômage ni couverture médicale suite à des problèmes administratifs délibérés. • Les licenciés n'ont pas reçu l'intégralité de leurs soldes de tout compte et les attestations employeur nécessaires pour France Travail n'ont pas été correctement transmises. • Les 12 salariés restants font face à une délocalisation des services vers Madagascar et à des conditions de travail dégradées dans un open-space parisien inadapté. |
Le site de commerce en ligne BazarChic, fleuron des ventes de mode haut de gamme, est au cœur d’une crise sociale majeure. Suite à une cession surprise à un fonds d’investissement basé à Hong Kong, une quarantaine d’anciens salariés licenciés fin octobre 2025 se retrouvent sans accès aux indemnités chômage ni à la couverture mutuelle. Ce conflit social soulève d’importantes questions sur la protection sociale et les droits des travailleurs en période de restructuration économique.
Sommaire
Les licenciements chez BazarChic : un plan social contesté et mal géré
En novembre 2024, BazarChic annonce la fermeture de son siège social à Clichy-la-Garenne, emporté par une perte de plus de 12 millions d’euros de chiffre d’affaires entre 2023 et 2024. Les 64 salariés concernés sont soumis à un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) particulièrement tendu, marqué par un climat de forte tension lors des négociations.
Au début de l’année 2025, le rachat précipité de la société par le fonds AA Investments, dirigé par Arman Goshayeshi, bouleverse la gestion du plan social. Les Galeries Lafayette, ancien propriétaire, ont cédé leur filiale pour un euro symbolique tout en versant 10,4 millions d’euros au repreneur via un mécanisme de cession en parts sociales. Cette opération permet au groupe d’externaliser la prise en charge des licenciements, avec des conséquences lourdes sur les salariés.
- Licenciement collectif des salariés du siège en octobre 2025, sans versement intégral des soldes de tout compte.
- PSE validé fin septembre 2025 après de longues négociations et pressions des représentants du personnel.
- Accord d’accompagnement doté de 2,5 millions d’euros mais sans garantie de congés de reclassement.
- Situation de stress et de précarité accrue pour les anciens salariés confrontés à une absence de communication claire.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Salariés concernés | 64 au départ, une quarantaine licenciés |
| Date des licenciements | Fin octobre 2025 |
| Perte de chiffre d’affaires | Plus de 12 millions d’euros entre 2023 et 2024 |
| Montant versé au repreneur | 10,4 millions d’euros |
| Versement à l’achat | 1 euro symbolique par AA Investments |
| Congés de reclassement | Non imposés, salariés exclus |
Non-indemnisation et ruptures dans la protection sociale
Les anciens salariés, bien que considérés comme licenciés économiques, ne bénéficient plus de leurs droits fondamentaux à la suite du changement d’actionnaire. Plusieurs bénéficiaires déplorent :
- Un retard significatif dans le versement des soldes de tout compte, incluant congés payés, RTT et primes.
- Des problèmes majeurs dans la transmission des attestations employeur à France Travail, nécessaires pour ouvrir le droit aux indemnités chômage.
- Une résiliation unilatérale du contrat de mutuelle d’entreprise par le nouveau propriétaire sans information préalable.
Ce dysfonctionnement administratif a engendré une rupture de la couverture santé pour les futurs chômeurs, créant une situation de grande précarité et mettant en danger la santé de certains anciens salariés en attente d’opérations médicales.
| Problématique | Conséquences |
|---|---|
| Non transmission correcte des attestations employeur | Perte des indemnités chômage |
| Résiliation du contrat mutuelle | Absence de couverture santé au 1er janvier 2026 |
| Manque de communication | Augmentation du stress et sentiment d’abandon |
| Absence de congés de reclassement | Difficultés dans la recherche d’emploi |
Précarité durable et impacts sur les salariés restants
Outre les licenciés, les 12 salariés toujours présents au siège social depuis octobre doivent faire face à un changement brusque de conditions de travail :
- Délocalisation des services essentiels (photo, retouche, mise en ligne) vers Madagascar, sous-traitance oblige.
- Transfert dans un open-space parisien mal adapté, jugé trop bruyant et exigu.
- Pas d’embauche prévue ni de marge profitable pour l’entreprise selon le business plan d’AA Investments.
La stratégie de compression des coûts est claire : réduire les dépenses mais au prix d’une casse sociale importante.
| Aspects impactés | Détails |
|---|---|
| Effectif actuel | 12 salariés post licenciement |
| Nouveau lieu de travail | Open-space à Paris, plus petit et bruyant |
| Services délocalisés | Madagascar : SAV, retouche photo, mise en ligne |
| Perspectives financières | Pas de bénéfices attendus sur 3 ans |
Un désengagement préoccupant du repreneur face aux droits des travailleurs
La pratique d’AA Investments illustre un mode de gestion du redressement économique par la précarisation des salariés. Aucune vraie protection sociale ni dialogue constructif ne semblent permis :
- Le fonds refuse de fournir rapidement des attestations pour accéder aux indemnités chômage.
- La mutuelle, élément clé de protection sociale, est coupée sans alternative proposée.
- Le dialogue social reste tendu, avec des élus du personnel sous pression et des arrêts maladie liés au stress.
Cette situation soulève une interrogation centrale sur la responsabilité des repreneurs en période de transition d’entreprise.

Je suis Guy Chrétien, passionné d’actu mutuelle. J’ai toujours aimé décrypter les garanties, mais ce qui me surprend, c’est comment une bonne mutuelle peut changer le quotidien. La solidarité, c’est mon moteur.